vendredi 14 octobre 2016

Les temps changent



Ne bats pas l’âne ! dit la petite fille au paysan russe  qui battait le pauvre animal


Pourquoi ne battrai-je pas mon animal ? Le père bat ses enfants, le Tsar bat ses sujets, le maitre bat son domestique. Je bats mon âne voilà tout.

Tu as raison boyard, même Diderot bat son domestique !  

Diderot ?

Un philosophe français.

Je ne le connais pas.  A part la Bible et la vie des Saints je ne lis rien. Tu sais plus que moi…. Ah les français, ils détruisent tout ces créatures du Diable- se signe le  pauvre hère.

La petite fille se signe aussi.

Tu n’es pas orthodoxe petite fille ? Tu te signes comme les catholiques, à l’envers de nos usages.

Non je suis catholique, bah rassure-toi,  cela n’empêche pas ma mère de me battre.

Pauvre enfant ! Tiens depuis quand  le soleil se lève à l’est ? Encore une diablerie de ce Napoléon !

Les temps changent…- dit la petite fille en français.

Enfant tu me fais peur, tu ne soutiens pas ces maudits démons j’espère ? -Le paysan  effrayé s’en signe de nouveau.

Non rassure-toi paysan.  Je  n’aime pas plus que toi nos ennemis qui parlent du Bien et font le Mal.  Tu vois là bas à l’orient le soleil se lever ? C’est Moscou qui brule en ce moment.

Moscou brule en ce moment ?  Les français nous détestent tant  à ce point.-Le paysan  indigné s’en signe de nouveau.

Non,  mon père a ordonné l’incendie. C’est lui le Gouverneur. Il a même fait fusiller un étudiant jacobin devant moi dans un accès de colère.  Il s’en repent depuis…

Le paysan s’agenouille dans la terre rouge et implore son pardon.

Mademoiselle Sophie votre mère vous cherche partout- interrompt une gouvernante

Lève-toi et ne bats plus ton âne…adieu paysan.

Adieu,  enfant,  le vent du nord  va souffler encore plus ce soir !

Blowing in the wind-  sourit la petite fille en anglais  en agitant la main pour lui dire au revoir.

mardi 11 octobre 2016

La terre est plate

Pleurer avec un ami,

Penser à lui,

Chanter à un ange,


La terre est plate.

Assertivité.

-Poète prends ta lyre....

Apollon non!

 -Pardon?


Je testais mon assertivité...j'accorde ma lyre....

lundi 10 octobre 2016

La genèse de COUSTEAU

Père
Jacques-Yves enlève donc ce bonnet rouge ! L'on dirait un bagnard de Toulon.

Mère
Qu'a donc cet enfant à porter cet horrible chose ? Et cesse donc de faire des bulles dans ta soupe...

Père
Son frère est si sage en comparaison.

L'enfant soupire et enlève son bonnet rouge scintillant !

Père
Et ne lève pas les yeux au ciel !

Mère (pour apaiser les choses)
Jacques-Yves qu'as-tu fait en classe ?

Jacques-Yves
Une version en grec, Ulysse rencontre Calypso sur l'ile d' Ogygie. Cela se termine en radeau...Je pense avoir la meilleure note.

Père
Il faut toujours être le meilleur.

L'enfant soupire et replonge dans sa soupe. 




Venez, entrez dans ma maison des quatre prénoms…



Marianne  et L’Académie s’en égarent
Je me nomme Yves-Denis Franz Philippe
L’Académie et Marianne s’y trompent
Je me nomme Yves-Denis Franz Philippe

Alors
Je vais les présenter
Mes quatre z’ amis
Mes quatre prénoms
Dans ma maison

Venez, entrez dans ma maison des quatre prénoms….

Devant chez moi
Une cloche
Faites la teinter
Une porte
Toquez
Allez
Entrez
Ne soyez pas timide

Venez, entrez dans ma maison des quatre prénoms….

A l’est
La porte s’ouvre
Les deux jumeaux
Inséparables
Vous accueillent
Yves et Denis
Au pan de la porte
Yves-Denis

Venez, entrez dans ma maison des quatre prénoms…


A l’est
Il y a Yves  
Devant chez  lui
Poussent le lierre et l’if
A l’est
Et les roses trémières
Rose trémière
C’est son domaine
Et les plantes sauvages
S’assagissent à ses pas
Au soleil levant
Venez dans mes appartements
Vous dit Yves
Toujours accueillant
Prenez une tasse de thé
Le soleil se lève chez  lui
Toujours
Dans sa chambre verte
L’aube est encore plus belle…

Venez, entrez dans ma maison des quatre prénoms…

Il est gentil Yves
Mais visiteur
Ne t’attarde pas chez lui
Viens visiteur
Au sud  appelle
Déjà Denis.

Venez, entrez dans ma maison des quatre prénoms…


Viens visiteur
Au soleil
Viens te rassasier
De lavandes et de  cactus
Et de plantes tropicales
Et de figues de barbarie
Dans ma serre
Poussent les orchidées
Du côté de chez Denis
Je vous invite
Bois  ma sangria
Aussi pourpre
Que mon sang
Vous invite Denis
Tout est neuf
Chez lui
Tout est clarté
Chez Denis

Venez, entrez dans ma maison des quatre prénoms….


Il y a Yves et Denis
Il y a  Yves-Denis
Sans l’un l’autre ne vit pas
Mes deux bessons
Vous saluent bien
Et vous guident vers Franz


Venez, entrez dans ma maison des quatre prénoms…


A l’ouest
Il y a la cuisine
Il y a le domaine de Franz
Il est gourmand et adore
La cuisine à la crème fraiche
Au soleil mort  tout sent bon
Chez lui
Les aromates et les épices
Il n’est pas avare
Il n’est jamais avare Franz
De sucre et de poivre
De cannelle et de fleurs d’oranger
Au soleil mort  tout sent bon
Au feu de cheminée
L’on y si bien
Au coin du feu
Dans son salon
Chez Franz
Dans l’obscurité luit
Une fois
Les bougies éteintes
La lune blafarde
Dans son antre
Dans le noir
Tombent les étoiles
Chez Franz….

Venez, entrez dans ma maison des quatre prénoms…

Et puis il y a
Et puis il y a Philippe
Au nord de la maison
Il y fait plus froid
Au nord de la maison
La lumière y est plus  douce
Si douce que la neige
Si quiète…
C’est le coin de la maison
Où je peux seul entrer
Personne pour t’y accueillir
Philippe n’est pas vivant
Mon frère
Philippe
Mon frère
Il est mort
Philippe
Le prénom que je porte
Bien avant moi
Tu ne peux pas y entrer
Visiteur
C’est tabou
Moi seul ai le droit d’y accéder
De parler à son fantôme
J’y écris mes poèmes les plus tristes
Dans mes vers
Tu peux essayer d’y imaginer le plan
Je te  laisse quelques indices
Visiteur
Parfois
Quelques vues….

Venez, entrez dans ma maison des quatre prénoms…


Maintenant
Visiteur
Je vais  te raccompagner
Au seuil de la porte
Te raccompagner
Avec mes trois prénoms amis
Et mon prénom fantôme
Désolé je referme la porte maintenant
Je suis triste de te quitter
A bientôt…



Marianne  et L’Académie s’en égarent
Je me nomme Yves-Denis Franz Philippe
L’Académie et Marianne s’y trompent
Je me nomme Yves-Denis Franz Philippe


Venez, entrez dans ma maison des quatre prénoms…

jeudi 6 octobre 2016

Le Chat et le Chien



Le Chat et le Chien
Constatant les progrès de l’Humanité
Décidèrent
De se faire apprivoiser
Un matin
Décidèrent
De se civiliser
Un matin
Au contact du genre humain
Ils y arrivèrent
Les mâtins
Voilà comment…

Le Chat et le Chien
Compères dans l’éloquence
Et la gourmandise
Tinrent un jour
Conseil!

Foin de la pluie, de la sécheresse
Des mauvais morceaux
Des heures perdues
En chasse
En vain
Conclurent les deux copains
Voyons du côté de l’Homme
Vivons à ses côtés
Loin des tracas quotidiens
Soyons ses amis
Soyons ses copains..

A leur vue l’Homme grimaça
Et encore plus la Femme
Seul l’Enfant applaudit à la vue du chien.

Bof dit l’Homme
A quoi me servirez-vous
Animaux inutiles
Aux ventres vides.

Plein de puces
Ces animaux
Se désolait
La Femme.

Chic de nouveaux copains
Se dit l’Enfant.



Le chien se redressa tout d'abord
Et en  bon chien Saint Yves  défendit bien sa cause.

Frères humains
Adoptez-moi
Et je serai votre défenseur
Je suis tendre et gentil avec les enfançons
Mais gare aux moutons
Et aux béliers
Je suis vindicatif
Adoptez-moi
Dans  vos cités je  veillerai  aux portes
Fidèle toujours
Des maisons, des temples et des cités
Gardien vaillant et bienveillant.
Mais gare aux méchants et aux délinquants
Je sais mordre
Je mords...
Adopte-moi Homme
Je te regarderai toujours heureux
Au coin du feu
Adopte-moi Femme
Je gémirai de liesse
A chaque fil coupé
De ta quenouille
Adopte-moi Enfant
Et je me roulerai dans la poussière
Dans les jeux
Toujours
Avec toi 

Je ne mords que les méchants plaisants
Pas vous mes maitres, mes amis!

Le chien parla et parla
 Aboya et aboya pour la première fois 
Déjà  dans la famille il fut accueilli avec joie.


Et toi chat qu’as-tu à nous dire ?



Le chat ne dit pas un mot
A la demande de l’Homme
Se contenta de faire sa toilette sobrement
A la demande de la Femme
De se tailler les griffes
A la demande de l’enfant.

Parle leur donc, plaide ta cause
Murmurait le chien
Dis leur donc que tu vas les éveiller
A l’Art
A la Religion
Aux mystères
A l’Etrange
Tu as les yeux de Dieu
Murmurait le chien.

Il m’agace
Grogna l’Homme.
Il ne me plait pas
Protesta la Femme.
J’ai peur de ses griffes
S’inquiéta l’Enfant…

Alors lassé de ses soins
Le chat s’étira, se roula dans la terre et ensuite
Ronronna
Pour la première fois.

Je l’adopte  tout de suite se dirent l’Homme, la Femme et l’Enfant.


La moralité de cette fable
Est que la parole et le silence ont même valeur
Dans l'action
Qu’il faut parfois préférer le silence que plutôt longtemps parler
Ou le contraire
A sa disposition
Le sage utilise tous les moyens mis à sa guise
Parler beaucoup ou se taire 
Utiliser toutes les palettes de sa collection
Se taire beaucoup ou parler
Utiliser toutes ses arts
Même ceux d’Apollon!




lundi 3 octobre 2016

La Genèse de John LOCKE



Maître à qui appartient une feuille blanche  laissée par terre ?  A Dieu ou à  celui la trouve ? interroge soudainement un élève au cours  de Religion.

A celui qui la trouve John.  

Pas à Dieu?

Non. Dieu n’a rien à y faire dans cette histoire John.

La page blanche appartient à tous alors ?

Non à personne ! Jusqu’à son invention John.

Si quelqu’un y a écrit quelque chose et a signé sur cette page blanche ?

Il faut alors rendre la page blanche écrite à son propriétaire, celui qui l’a remplie John.

Et même si c’est une lettre d’insulte.

Même dans ce cas là. Mais la Charité serait de ne pas écrire une lettre d’insulte. Nous écrivons pour diffuser la Lumière, pas pour l’éteindre John.

Si  j’écris sur la page blanche le contenu donc m’appartient ?

Oui John.

Mais si je crée une poésie sur la page blanche et  je la diffuse elle appartient à qui ?

La page écrite t’appartient, son contenu diffusé appartient à tous John.

Si Tom mon voisin veut me prendre la page blanche écrite par mes soins il a tort ?

Oui John.

Je peux le frapper ?

Oui dans la nature, non dans une classe.  Tu as cependant  le droit de te conserver John.

Je pose trop de questions ?

Non John ! Reprenons La Genèse, où l’on en était resté la dernière fois. Vous deviez comme devoir commenter cette phrase.

« Gn 1,31. Et Dieu vit toutes les choses qu'Il avait faites; et elles étaient tout à fait bonnes. »

John  justement commente moi ce passage.  Et rends moi ta copie.

Justement je l’ai perdue.

Ce n’est pas grave, tu as répondu par tes questions à ce passage. 10/10. Mais sois moins négligent la prochaine fois John!