jeudi 30 juin 2016

André Breton



C’est le jour de l’inspection
Et l’Inspecteur Général
Est arrivé de bon matin
Et accompagné du Proviseur
Il contrôle les connaissances
Et regarde les cahiers
Et interroge au hasard les élèves
Et le professeur examiné tremble
Et regarde dehors
Pour une fois lui aussi
Le ciel bleu
Le soleil doré
Les feuilles argentées du Printemps
La Cour de récréation
Pour ne pas céder son humeur à Phobos.

Vous là
Oui vous
Parlez-moi  donc des proscriptions
A l’époque de la République romaine…

Lesquelles Monsieur l’Inspecteur Général ?

Celles de Sylla…

Et l’enfant avec gourmandise cite quatorze noms
De sénateurs, de chevaliers, de tribuns
Égorgés
Aux pieds des statues ou des temples.

Bien jeune homme et celles de Marius…

Et l’enfant avec  délectation cite quatorze noms
De sénateurs, de patriciens, de tribuns
Egorgés 
Aux pieds des statues ou des temples.

 Il est sanguinaire cet enfant
Dit le Proviseur
A voix basse
A l’enseignant contrôlé

Oui c’est un bon élève
Il a des talents littéraires certains
Mais il est un peu dérangé.

Bien mon petit ami
Citez moi donc des papes
Du Moyen-âge.

Et l’enfant avec grand plaisir
Cite quatorze noms de pontife
Leurs dates de naissance et de mort
Et même détaille leurs blasons.

Très bien mon enfant
Vous êtes un puits de savoir
Mais je veux aussi juger votre capacité de jugement
Votre personnage préféré dans les Misérables ?

Javert,  Monsieur l’inspecteur Général

Développez donc monsieur.

Le tigre légal rugit en moi
Répond simplement l’enfant.

En fait il deviendra Commissaire de police
Sourit le Proviseur
Ou Pape rigole en douce l’Inspecteur Général
Comment s’appelle ce petit génie ?

André Breton soupire l’enseignant pas convaincu.

mercredi 29 juin 2016

J’ai pleuré…



Ce  matin
L’étourneau
Est passé
L’oiseau
A mes miettes
S’est rassasié
A mon eau
Quelques secondes
A  ma porte
L’oiseau est resté
Près de moi
J’ai pleuré…

Ce  matin
Le moineau
Est passé
L’oiseau
A mes miettes
S’est rassasié
A mon eau
Quelques minutes
A ma fenêtre
L’oiseau est resté
Près de moi
J’ai pleuré…


Ce  matin
Le canari
Est passé
L’oiseau
A mes miettes
S’est rassasié
A mon eau
Quelques jours
Dans ma  cage
L’oiseau est resté
Près de moi
J’ai pleuré…


Ce  matin
Le rouge-gorge
Est passé
L’oiseau
A mes miettes
S’est rassasié
A mon eau
Pour la vie
Sur ma bêche
L’oiseau est resté
Près de moi
J’ai pleuré…

mardi 28 juin 2016

Tu seras Philosophe mon fils !….



Oh le bel ânon
Dit l’enfant
Si Dieu pouvait être aussi gentil
Que lui
Dit le petit Frederich.
Au zoo de Berlin
En le caressant.

Ne sois pas insolent
Frederich
Dieu un âne 
Blêmit la mère.
Si ton père était là encore…

Bah
Ne le gourmandez pas
Intervient un vieil homme  distingué
Chère
Madame
Ce n’est pas méchant
 Un âne
C’est grand
Je vais le bénir
Dit le vieillard
En lui posant la main sur la tête.

Que Dieu te bénisse mon enfant
Et t’aime
Comme moi j’aime mon chien
Tu te nommes…

Frederich  Nietzsche

Bien Frederich je te bénis
Et le vieux monsieur parle tout bas
Indistinctement

Puis s’en va
En riant
Son chien devant lui…

Qui est cet hurluberlu  s’interroge la mère interloquée

Bah encore un de ces philosophes inutile
Dit un passant
Avec un béret
Un de ces parasites
Qui vivent à nos crochets
Et se moquent de tout 
La France a ses Poètes idéalistes, nous nous avons nos Philosophes athées
Tout cela nous mènera à notre destruction…
Schopenhauer  il me semble,  son nom.

 Et Frederich  de continuer  à caresser la tête de  l’ânon
Et de ressasser la bénédiction que lui seul a entendue

Tu seras Philosophe mon fils !….

lundi 27 juin 2016

Homère a raison !



Feu

Et l’on entend un corps tomber
Dans les broussailles et les rosiers

Feu

Et les soldats s’approchent
Pour tirer la dernière salve…

Réveille-toi
Tu n’es pas drôle

S’emporte l’un des tireurs de dix  ans.

Mais la victime ne bouge pas

Et les cris fusent

Madame, Honoré  ne veut pas se réveiller !

Honoré tu n’es pas drôle
Dit la mère
Cesse donc  tes jeux stupides
Tu as encore endommagé les rosiers
Tu as encore ensanglanté les jolis roses
Blanches de Châteaubriant
De ton grand-père…

Honoré réveille-toi c’est un ordre..

Mais l’enfant ne bouge pas

Honoré fait encore des siennes
Papa !

Honoré ce n’est pas un jeu
Dit le grand-père
Réveille-toi
Toujours à jouer à la guerre civile
Ce gamin
Décidément
Toujours
Dans
Les guerres de Vendée
Le drapeau blanc
Les morts, les fusillés
Vous n’avez rien d’autre à faire !

Et Honoré se réveille
Au contact de la canne grandpaternelle

J’ai fait un beau rêve…dit-il en prenant la poudre d’escampette !

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Antoine, ne le dis pas à mon grand-père
Dit l’enfant haletant à son cousin
Qui court avec lui
Dans les vaps
Je rêvais que je mourais
Fusillé
En chantant la Marseillaise
Ne le dis pas à mon grand-père il me traiterait  
De Petit  traitre
Je rêvais que je mourais donc
Fusillé
Tenant l' oriflamme de Saint Denis
De la main droite
En chantant la Marseillaise
Trois étoiles me guidaient au Paradis…

Celles de ton blason Honoré ?

Exactement, écoute Antoine :

De gueules, à la bande, accompagnée en chef d'un gland tigé et feuillé et en pointe d'un besant, le tout d'or ; au chef cousu d'azur, chargé de trois étoiles du second.  

Bah les rêves , c’est idiot Antoine, moi chanter la Marseillaise!

Moi Honoré  je rêve d’un petit bonhomme  blond, d’une rose et de  plein de planètes
Toutes les nuits
Il y a même un renard
C’est encore plus idiot !

Bah les rêves, c’est idiot  Antoine ! Homère a raison !

 Et les deux cousins d'opiner.

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Bah ne vous inquiétez donc pas pour Honoré
Monsieur le Comte
Nous fusillerons plein de républicains demain
Pour la belle
S’exclame l'un des enfants revanchard
En quittant le château.

vendredi 24 juin 2016

Entre Saint Louis et Philippe Auguste


Entre les deux colonnes


Entre Saint Louis et Philippe Auguste



Ma tête
Balance
De droite à gauche
Dans le berceau
Grand 
De gauche à droite

 Entre les deux colonnes

Entre Saint Louis et Philippe Auguste

Je pleure
Alors que
Passent les heures
Et le soleil
Sur le cours de Vincennes
Dans le landau

Entre les deux colonnes


Entre Saint Louis et Philippe Auguste

Je ris
La pluie lustrale
Mouille mon bonnet rouge
Et mon cœur
Malgré le ciré plastique jaune
Vite rabattu


Entre les deux colonnes

Entre Saint Louis et Philippe Auguste



 Place de la Nation
Je me souviens
Entre les deux colonnes
De 28 mètres de haut
Je calcule
Entre Saint Louis et Philippe Auguste
Je reviens 
Sur la Place du Trône


Entre les deux colonnes


Entre Saint Louis et Philippe Auguste


Les photos jaunissent depuis
L'automne arrive toujours chargé de tons chauds
Le bleu azur et les trois  soleils dorés me font toujours pleurer


 Entre les deux colonnes

Entre Saint Louis et Philippe Auguste!

jeudi 23 juin 2016

PHILIPPE LE BEL



Le roi se meurt, le Prince meurt, Philippe meurt
Et il a réuni ses trois fils
Il va désigner son successeur
Le plus apte
Il va les examiner
Un à un
Sonder leurs âmes
Au mépris des lois de succession usuelles
Il va choisir son successeur…

Il a perdu deux fils
Grand chagrin
Son ainé Louis  et Robert
Il lui en reste trois
Philippe, Charles et Louis
Ils sont assez grands
C’est assez
Pour faire son jugement.

Louis mon enfant
Tu n’as que huit  ans
Si tu es roi
Mon enfant…

Si je suis roi
Sire mon Père
Mon royaume sera bien administré
Mes Lys seront florissants
 Dans la rosée du matin
Ils croitront innocents
Sire le Roy
Pas de guerre, que la paix
Mes Lys  prospéreront candides
Aussi doux qu’un agneau 

Susurre l’enfant !


-          Un peu trop sage
          Déjà  à son âge
Pense le Monarque malade

Charles  mon enfant
Tu n’as que douze  ans
Si tu es roi
Mon enfant…


Si je suis roi
Sire mon Père
Je guerroierai sans cesse
A
Chypre, Jérusalem, Constantinople
L’Italie
L’Allemagne
Cipango
Dans
Le monde entier
Mes lys seront guerriers
Sire le Roy
Mes Lys seront pourpres
Du sang
De mes ennemis

S’exalte l’enfant !



-          Un peu trop fantasque et sanguinaire
          Déjà à son âge
Pense le Monarque malade

Philippe  mon enfant
Tu n’as que quatorze    ans
Si tu es roi
Mon ainé 
Mon enfant…

Si je suis roi
Sire mon Père…

Les lys de France…

 La Justice !

Laisse
Laconiquement
Ces paroles
Tomber  l’enfant  



Et il regarde son père
Sans sourciller
Aussi froid que le marbre
Aussi beau
Qu’une statue
De ces cathédrales
Qui germent partout en France
Aussi furieux qu’un de ces archanges
Qui de son pied albe foule Satan
Et lui plonge l’épée dans ses flancs
Terrifiant malgré ses quatorze ans

 Et il pense et son père comprend bien le reproche voilé 

Comment as-tu  osé penser  à me déshériter ?



-          Il sera terrible et beau  je le pressens
                         Philippe 
           Aussi terrible qu'un roi 
                      Philippe  IV
             Aussi beau qu'un roi
                     Philippe le Bel

 Juge le Monarque père qui peut enfin mourir l’âme en paix !

mercredi 22 juin 2016

Tout de suite !



Le merle
Mon
Copain
Habituellement
Mon ami moqueur
Aujourd’hui
Me dédaigne
Dédaigne
Mes fruits
Dédaigne
Mes cerises…

Merle moqueur
Mon merle roi
C’est le Temps des cerises
 Je t’ordonne d’aimer mes cerises
C’est le Temps de Juin
Mange mes fruits
Oiseau de malheur…

Tout de suite !

Mais il me dédaigne
Mais il dédaigne mes fruits
Trop acides
Mais il dédaigne mes cerises
Trop aigrelettes

Merle moqueur
Mon merle roi
C’est le Temps des cerises
 Je t’ordonne d’aimer mes cerises
C’est le Temps de Juin
Mange mes fruits
Oiseau de malheur…

Tout de suite !

Mais il me dédaigne
Mais il dédaigne mes fruits
 Trop orgueilleux
Mais il dédaigne mes cerises
Trop vaniteux

Et il me siffle

Poète

De tes cerises
De tes fruits
De toi

Assez !

Merle moqueur

Mon merle roi
C’est le Temps des cerises
 Je t’ordonne d’aimer mes cerises
C’est le Temps de Juin
Mange mes fruits
Oiseau de malheur…

Tout de suite !


Mon merle n'en a cure

Mon merle s'envole

Me laisse seul à mes chagrins et à mes peines

Mon merle rit snob

Mon merle me dédaigne conservateur

Il aime les poètes heureux
Il aime les fruits bien ensoleillés
Il aime les cerises bien rouges

Mon merle  trop conservateur !

Merle moqueur
Mon merle roi
C’est le Temps des cerises
 Je t’ordonne d’aimer mes cerises
C’est le Temps de Juin
Mange mes fruits
Oiseau de malheur… 

Je peine 

Maudit Apollon
J’abandonne

 Ou muris-moi

Mes cerises

Tout de suite !

mardi 21 juin 2016

Coquelicot de juin!


Le coquelicot m’avait prévenu pourtant

Ne me cueille pas
Poète
Ami
Laisse-moi
Gentil
Poète
Pousser
Encor

Entre le bleu mauve et la pensée candide

Ne me cueille pas
Ami,  gentil Poète…

Las je ne t’ai pas écouté
Trop pressé de t’embrasser
Gentil Coquelicot
Entre le bleu mauve et la pensée candide
Las, las, las
Je te tiens entre mes mains
Mort
Déjà étiolé

Et je pleure sur ma bêtise
  Coquelicot ami


Et tu blêmis
Ami Coquelicot
Sitôt cueilli
Déjà
Coquelicot gentil
Le vent traitre de juin disperse
D’entre mes doigts
Rosis
Tes pétales
Entre le bleu mauve et la pensée candide….

Neige sanglante…

Assassin gentil
Je te regrette déjà
Gentil Coquelicot
Ami assassin
Mes pieds
Baignent dans ton sang
Coquelicot  ami
Mes vers sont  billes
Dans ton rubis
Et j'en ai honte


Entre le bleu mauve et la pensée candide…


Mais je sèche mes larmes
Ami Coquelicot
Tu reviendras
Dans un jour, une semaine, un mois, un jour
Toujours fidèle
Coquelicot gentil
J’ai bien  tort de pleurer pour si peu
Si mes amis pouvaient être tous comme toi
Mais je sèche mes larmes
Dans ton pavot
Je vais dormir
Mais je sèche mes larmes
Coquelicot gentil
Dans ton gâteau bientôt
Je vais te croquer
Mais je sèche mes larmes


A tout à l’heure

Coquelicot d’été

Coquelicot de juin!

lundi 20 juin 2016

De l'eau !

Bah


Je gagne au Loto ?



 🎇🎇



🎇




Baraka



 😁


 Je m'installe illico


Presto


Au Troca



💦 De l'eau  !

vendredi 17 juin 2016

τί ἐστιν ὃ μίαν ἔχον φωνὴν τετράπουν καὶ δίπουν καὶ τρίπουν γίνεται



Sphinx


τί ἐστιν ὃ μίαν ἔχον φωνὴν τετράπουν καὶ δίπουν καὶ τρίπουν γίνεται 

Oedipe

Laisse-moi tranquille. Je ne te répondrai pas. Non, non et non !

Sphinx

Mais mortel tu dois me répondre. C’est ton destin. La Pythie te l’a prédit. Réponds Œdipe ma question est si facile. Si tu veux je te donne des indices…

Œdipe

Non, non et non je ne veux pas. La Pythie me l’a dit,  je vais te répondre, je vais tuer mon père et épouser ma mère. Je ne veux pas qu’Apollon Lokias gagne encore une  nouvelle fois. Toujours à inspirer des criminels le dieu blond, non, non et non !

Sphinx

Tu veux tuer mon  mythe rien que par orgueil ? Veux-tu tant faire pleurer le Poète qui écrit ces lignes ? Et les lecteurs  sont impatients, ils attendent un dénouement…Ils s’attendent au pire avec lui  il faut le reconnaître, ce maudit Poète !

Œdipe

Tu n’es pas Homme, tu ne peux pas comprendre !  (Bruit de vase cassé)

Sphinx
Je t’ai eu !

Œdipe

Les dieux sont incorrigibles. Apollon est trop farceur !

Sphinx

Je vais maintenant me pendre ailleurs chez un autre Poète. Tiens ta couronne et ton bâton…

 Sphinx

Maudit Apollon !

- Un sphynx passe  et miaule

Fin

jeudi 16 juin 2016

Ma Mort !



Mon tableau a un beau cadre doré
Et certains esprits chagrins
En rient

« Poète
Le cadre vaut plus cher
Que ta croûte ! »

Ricanent ils  les méchants…

Et ils ont bien tort
Et ils ont toujours tort

Et j’adore le regarder au soleil couchant
De Pons
Mon tableau
A la lumière d’Apollon
L’on y voit
Entre deux arches de haies
Un nautonier blond
De dos
Y guider
Une barque dans le marais
Au pénombre
Vert et violet
De Gustave Moreau
Des personnes figées
Les passant de l’ombre à la lumière
Comme moi
Mes lecteurs
Me  passant de l’ombre à la lumière
Comme toi
Mon Lecteur
Vers le soleil radieux !

Mon tableau est un trésor
Et il mérite bien
Son beau  cadre doré

Et ils ont bien tort
Et ils ont toujours tort

Et j’adore le regarder à la lune pleine
De Pons
Mon tableau
A la lumière du dieu Lune
L’on y voit
Entre deux arches de haies
Un nautonier blond
De dos
Y guider
Une barque dans le marais
Au pénombre
Vert et violet
De Gustave Moreau
Des personnes figées
Les passant de l’ombre à la lumière
Comme moi
Mes lecteurs
Me  passant de l’ombre à la lumière
Comme toi
Mon Lecteur
Vers le soleil radieux !

Mon tableau  
Je l’ai acheté trop cher
Me disent les envieux
Mais moi je suis content de ma bonne affaire
Et je le chéris
Et je ne le vendrai pour rien
Au monde
Même pas un fauteuil d'académicien
Mon tableau
Acheté
Par hasard
A Fouras…

Mon tableau est un Trésor
Il est magique
Il me porte bonheur
Et son cadre doré le rend bénéfique


Mais je ne crains  qu’une chose
Cependant
Le jour ou la nuit
Où le nautonier du tableau
Se retournera
Me guidera
Dans
Sa barque dans le marais
Au pénombre
Vert et violet
De Gustave Moreau
 Moi figé
Me  passant de l’ombre à la lumière
Comme moi
Mes lecteurs
Me  passant de l’ombre à la lumière
Comme toi
Mon Lecteur
Vers le soleil radieux

Mon nautonier  si joli

Ma Mort !

Søren !



Près du  morne cimetière
Il y a un cerisier
Près de l’église du village
En brique rouge
Un cerisier en fleur
Bercé  
Au printemps
Par le vent du sud
Et
Les cantiques
Et le diacre nettoie les marches de l’église
Blanchies
Par les pétales candides…


Et sur le cerisier  
Près du  morne cimetière
Maintenant
Près de l’église du village
En brique rouge
En été
Se balancent
Les fruits rouges
Innocents
Qui s’écrasent
Sur le sol
En été
Et
Que les jeunes gens
Se disputent amoureux
L’anneau  d’or
Dans les dents ensanglantées
Près de l’église du village
En brique rouge
 L’anneau  d’or
Au doigt…


Et sous le cerisier
Près de l’église du village
En brique rouge
Au soleil tiède d’octobre
Près du  morne cimetière
Les enfants se disputent
Ou apprennent leurs leçons
Le dimanche
Même si les plus  pieux regardent cela
Désapprobateurs
Ne pas travailler le dimanche 
Sous l’œil bienveillant du Pasteur
Avant que le froid de Décembre
Ne
Les
Déloge
Tous…


Près de l’église du village
En brique rouge
Le cerisier grelote
Près du  morne cimetière
Et c’est le temps de NOEL
Et c’est bientôt la Nouvelle Année
Et c’est le temps des meringues aux amandes effilées
Que l’on croque
Chez soi
Bien au chaud
Un chat sur les genoux
En contemplant dehors
A la fenêtre givrée
Près du  morne cimetière
Le vieux  cerisier
Qui dure et dure
Près de l’église du village
En brique rouge
Et c’est le temps des meringues aux amandes effilées
A croquer
Sans y penser
Pense
Toujours
A ce moment
Toutes les années
Sans s’angoisser
A tout âge

Bas les soucis


Søren !

mardi 14 juin 2016

Herr FREUD



Entrez, ah vous voilà vous !

Monsieur le Professeur bonjour.

Bon j’ai bien reçu vos deux demandes. L’une pour un congé,  l’autre pour une demande de stage. Soyons méthodiques. Vous demandez  d’abord un congé de vos études pour faire de la Poésie ?

Monsieur le Professeur  oui.

Mon brave garçon vous n’avez aucun don.  J’ai lu votre plaquette, j’ai bien ri.  Vous truffez vos poèmes de dieux  et de déesses, de bergers d’Arcadie, de poètes aux accents langoureux. Quatorze poèmes rien que pour le pauvre Œdipe. Et Ménélas n’est pas mieux traité,  toujours roi  blond et rose mélancolique.  Vraiment abandonnez ! Et pourquoi toujours Apollon en train de vous écouter vous sur le divan ? Bref j’ai consulté des hommes de lettres de mon entourage pour me faire une idée, ils ne vous prêtent aucun talent.

Bien Monsieur le Professeur. (L’étudiant de médecine est prêt de pleurer et baisse la tête)


Bon ceci étant, si pour vous la Poésie est un passe-temps, bah continuez. Mais n’en faites pas votre métier. Vraiment vous n’êtes pas doué. Bon maintenant pour votre demande de stage…Vous voudriez partir à Paris ?

Oui  Monsieur le Professeur.

Drôle d’idée encore. Un stage auprès du Docteur Charcot. Vous croyez donc à ces bêtises sur l’hypnose. Le Docteur Charcot s’intéresse aux hystériques. Bah ne tremblez pas comme cela jeune homme. Vous allez partir à Paris cela ne va pas vous faire du mal. Vu votre sensibilité vous allez y durcir votre carapace. Vous êtes encore trop fragile. Et puis vous qui vous piquez de Poésie vous allez rencontrer des vrais poètes contemporains, en chair et en os.  Bon la discussion est close. Je vous signe votre demande de stage.

Merci Monsieur le Professeur.


Ah avant de partir juste un mot votre idée de divan, c’est une bonne idée, Apollon n’est pas que le dieu des Poètes, c’est aussi le dieu des médecins, réfléchissez y donc . Bien vous pouvez maintenant disposer Herr Freud.

Au revoir  Monsieur le Professeur.

lundi 13 juin 2016

Mon Vigny

Point
Rouge
De   la pluie
Au manteau
Candide
Dans la campagne flamande
 Verte

Rêve

Mon Vigny
Sur son destrier ....



Vers Gand
Détrempé
De  la pluie
Au manteau
Candide
Derrière le carrosse crissant

Rêve

Mon Vigny
Sur son destrier ....

L'aube bientôt
Royale
Au reflet rouge

Gand bientôt
Et la Lys
Maraude
Gand bientôt
Et le Lys
Émeraude

Le Lion  seul va rugir
Bientôt
 Dans ses vers

Rêve

Mon Vigny
Sur son destrier


Aussi joli qu'un Prince bengali !

vendredi 10 juin 2016

Napoléon



Dans le Temple
Dans la forteresse des Templiers
Dans la Grande Tour  dont les créneaux  tombent en ruine

Bonaparte  s’est enfermé ce soir

 Pour la nuit

Bonaparte a interdit qu’on le dérange…

Et il a fait sceller la porte

Et il a fait poster des soldats  devant la tour envahie par le lierre

Et le Consul attend et attend

Et il attend la nuit
Et il attend les fantômes
Et il attend une inspiration
Et il attend un conseil
De  ceux qui sont partis
Et il attend une  parole d’eux dans le sommeil
Et il attend un  mot, un seul mot
 Dans un rêve ou un cauchemar
Peu importe ….

Mais las l’aube arrive
Pas de cauchemar
Pas de fantôme
Pas de signe prémonitoire
Pas de réveil en sueur
Pas de spectres qui font peur

Rien….

Que le silence des pierres...

Et Napoléon se réveille
Et c’est certain
Maintenant
Sa décision
Il va détruire le Temple
Les fantômes n’existent pas
Mais c’est plus sûr
Il va venger ses prédécesseurs
Et asseoir ses successeurs
Ainsi
Calmer les mânes
De la Famille royale
Trop tranquilles
L'on ne sait jamais

Et c’est certain
Maintenant
Il va prendre le pouvoir

Napoléon

Il n’est hanté que de rêves de grandeur
Il  n’est hanté que par Napoléon…

Tiens mes cheveux sont en train de tomber
Pense brusquement Napoléon !

mardi 7 juin 2016

L'oiseau

L' oiseau tombe...tombe l'oiseau

L' oiseau vole !

 L' oiseau vole...vole l'oiseau

L'oiseau tombe !

dimanche 5 juin 2016

Alphonse BAUDIN



Ce matin
Sur la campagne gelée
Le soleil s’est levé radieux
Sur les amandiers en fleur
L’enfant a trouvé
Sous son oreiller blanc
Une pièce de vingt francs or
Un Napoléon
Et l’enfant s’est mis brusquement à pleurer….

Ah mon petit-fils
Pourquoi
Pleures- tu ?
C’est une belle journée
Tu reçois un Napoléon
S’interroge dubitative
La grand-mère

Ce matin
J’ai eu une idée étrange
Mère-grand
Peut-on mourir pour vingt cinq francs
Se lamente l’enfant…

Ingrat petit-enfant
Vingt francs ne te suffisent pas ?

Peut-on donc  mourir pour vingt cinq francs
Réitère l’enfant en larmes

Que tu es bizarre mon enfant parfois !
Non reprend l’aïeule
L’on meurt pour ses idées
La Liberté
Ou son Dieu
Ou sa Dame
Ou son Roy
Ou son drapeau
Ou son panache
Pour des choses qui ont de la valeur
En dehors de nous
Pour pas grand-chose parfois
Une pomme à Troie
Mais quelque chose de symbolique
Pas pour des pièces d’or
Pas pour vingt-cinq sous
Matérialiste garçon …

Et si les vingt-cinq francs sont un prétexte ?
L’enfant est tenace

Toge prétexte ?
L’aïeul est un peu sourd…

Bientôt les Liberalia
Sourit l’enfant

Pardon ?


Ce n’est rien  Mère-grand…L’on verra !

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Que les couchers de soleil au Panthéon sont tristes
L’on y voit vingt-cinq soleils 
Me suis-je dit
En descendant  la rue Soufflot
L’on y voit vingt-cinq soleils mourir
Au dessus de la tombe d’Alphonse BAUDIN !

Que les levers de soleil au Panthéon sont joyeux
L’on y voit vingt-cinq soleils 
Me suis-je dit
En descendant  la rue Soufflot
L’on y voit vingt-cinq soleils renaitre  
 Au dessus de la tombe d’Alphonse BAUDIN !

vendredi 3 juin 2016

Souris !




Quand j’arriverai
Devant le seuil
Brillant
De la grande Porte
Du Paradis

J’ai rêvé hier
Lecteur
Souris...

Quand le livre rouge
De mes actions et de mes fautes
Sera examiné
Par l’ange Justicier
Tenant la Balance divine


J’ai rêvé hier
Lecteur
Souris....

Quand je serai jugé et disculpé peut-être
Et  beaucoup pardonné aussi

J’ai rêvé hier
Lecteur
Souris...

Quand l’œil de Dieu s’ouvrira
De son sommeil
Enfin
Pour me couvrir

J’ai rêvé hier
Lecteur
Souris....

Alors

Je me fonderai
Dans l’image
De la pupille dorée de  Dieu

Alors

Dans le reflet
Vert amande
De la pupille argentée  de  mon chat
Protecteur

Alors

J'exploserai.....


J’ai rêvé hier
Lecteur

Souris !

jeudi 2 juin 2016

Thomas Mann



Le stylo-plume
A cassé
Ce matin
A la nouvelle
Un coup sec
Sur son corps
Lui a été fatal
Et le vieillard
Erre
Dans sa maison
Désemparé !


A midi
Thomas Mann
Pleure…


L’après-midi
Le vieil homme
Est allé
De commerce en commerce
Par ses demandes
L’ écrivain  a épuisé les vendeuses
Et de guerre lasse
Il en a commandé un
Un Mont Blanc
Livraison la semaine prochaine
C’est promis
Lui a  dit un joli vendeur….


Ce soir
Thomas Mann
Pleure…

Pourquoi est-il donc mort ?
Maudit stylo
Pourquoi est-il donc mort ?
Maudit ami
Pourquoi est-il donc mort ?
Maudit Klaus
Pourquoi est-il donc mort ?
Son fils !