lundi 31 août 2015

Amour charentais



Grillon, grillon, grillon
Sur le feu
Grillon, grillon, grillon
A la poêle  

Crépite


Amour charentais !


Grillon, grillon, grillon
Dans mon jardin
Grillon, grillon, grillon
Dans  ma poche 

Grésille


Amour charentais !

Grillon, grillon, grillon
 Hors de ma poche
Grillon, grillon, grillon
 Au  loin


Grince

Amour charentais !

Grillon, grillon, grillon
Dans mon assiette
Grillon, grillon, grillon
Dans mon estomac
Adieu

Stridule

Adieu

Amour charentais !

vendredi 28 août 2015

N’Y CROIS PLUS !


De retour
A ma chambre
En moi
L’âme en feu
Soudain
J’entends
Encore
Frapper
Encore
Cette fois ci
Taper
Un peu plus fort
Encore…
Sûrement
Quelque chose
A la jalousie
 Sûrement
A ma chambre..
Calme-toi
Mon cœur
Un instant
Et
Explore
Le mystère…  
C’est le vent
Et rien de plus
Encore !


Volets ouverts
Donc
Au large…
Battements d’ailes
Tumulte..
Enfin
Entre
Majestueux
Entre
Un antique Corbeau
Sans
Aucune politesse
Sans
Aucune hésitation
Royalement snob
Il se perche
Au dessus de la porte
De ma chambre
Il se perche
Au dessus d’un buste d’Athéna
Juste
Au dessus de la porte
De ma chambre !



Sourire amer au volatile ébène
 Si grave
Si sévère
Si plein de décorum…
Ah corbeau
Je lui dis
Avec ta tète déplumée
Et
Ton cimier
Corbeau
Tu n’as peur de rien
O Corbeau
Lugubre
Transgresseur
Éternel
De la Nuit
Dis-moi
Quel est ton nom
Seigneur
Des rives de la Nuit de Pluton ?
Alors il croasse

-N’Y CROIS PLUS !


Émerveillement 

J’entends
Le disgracieux volatile
Si clairement
M’énoncer
Une réponse
Sans sens commun
Il est vrai
De faible intérêt..
Cependant
Convenons
Obligés
Que nul n’eut la chance
De voir
Jusque là
Un oiseau
Au dessus de la porte
De ma chambre
Ou tout autre bête
Au dessus de la porte
De ma chambre
Croasser
Ainsi

-N’Y CROIS PLUS !

Mais le corbeau
Solitaire
Perché
Sur ce buste
Placide
Ne profère
Que ce mot unique
Épanchant son âme
Ainsi.
Rien de plus, pas un mot
Pas une plume
Pas  un frisson !

Alors
Intimement
Je lui ai murmuré

 D’autres amis m’ont fui !

A l’aube
Lui aussi
Il me quittera

Envolées espérances !

Alors l’oiseau croasse
N’Y CROIS PLUS !

jeudi 27 août 2015

Frère Ronsard !

Cueillons
Cueillons
Les roses
Jolies

Ceuillons
Cueillons
 Les roses
Ami !

Cueillons
Cueillons
Les roses
Amis

 Cueillons
Cueillons
Les roses
Jolie !

Cueillons
Cueillons
Les roses jolies
Cueillons
Cueillons
Les roses amis
Frère Ronsard
Les  Roses gentilles
Cueillons
Cueillons

Frère Ronsard !

mercredi 26 août 2015

Point barre !



Autour
D’elle
Les Théologiens
Débattent
Autour
Du Trône

Des heures et des heures

Inlassablement

Des jours et des jours

Les hommes de foi
Disputent
Les plus grands savants du siècle

Discutent et discutent

Autour du monarque

Opiniâtrement

Autour de la Reine

Et personne n’est d’accord
Et tout le monde est divisé

Angleterre
Tour de Babel religieuse…

Et elle réfléchit
Et elle pèse le pour et le contre…

Revenir
A la foi catholique ?

Faire comme sa sœur Marie La Sanglante?

La reine  aime trop
Les apparats
Les fastes du culte
Les enfants de chœur
En rouge
Vêtus
L’or des offices
Elle est trop gourmande..

De plus
Ces bourgeois  sinistres barbons  l’inquiètent
Ces messieurs de Genève
Ceux qui traitent de Jézabel
Sa cousine Marie Stuart 
 Ces nobles écossais farouches
 Ceux qui citent la Bible
Pour mieux la déposer un jour…

Elle ne veut pas d’une Angleterre réformée 
Elizabeth !


Adopter la Réforme ?


La reine
Ne veut plus l’Angleterre
Soumise au pape
Monarque
Oint  de Dieu
Elle ne veut pas de maris
Espagnols ou français
Ou italiens
Non plus
Indépendante
Fière comme son pays

Elizabeth…

Et du reste
Elle aime
Entendre
Dans sa langue
Les offices
Et la Bible
Et les Psaumes…



Plus de Latin
Ni de Papes
Ni de Rome…


Elle ne veut pas d’une Angleterre papiste
Elizabeth…

Et la reine clôt le débat
Brusquement
Avec ses chiens et ses ses fous
Elle se retire
Soudainement
Avec ses pages et ses dames de cour

Et  en passant la porte 
Elle laisse juste  tomber cette simple phrase
Que le Chancelier enregistre
A ses minutes
Qui a force de loi 


Je veux une Messe
Mais
En anglais

 Sans Pape 


Point barre !

mardi 25 août 2015

Prune, prune, prune Jolie...



Prune, prune, prune,

Dans mon jardin


Prune, prune, prune,

  Jolie...


Prune, prune, prune

Sur la branche

Prune, prune, prune

Jolie...



Prune, prune, prune,

Dans  mon panier


Prune, prune, prune,

Jolie...



 Prune, prune, prune,

Sur le feu vif


Prune, prune, prune,

Jolie..



Prune, prune, prune

Dans mon gosier




Prune, prune, prune

Jolie..


Pouah Poète un noyau…




Prune, prune, prune

Jolie...

lundi 24 août 2015

A la balle au prisonnier.



Viens ami
Viens lecteur
Viens
Donc
Jouer
Copain
A la balle au prisonnier.

Avec moi


Capturons nos ennemis !


Pas de quartier ami
Pas de pitié lecteur
Lance hardiment
Avec moi
Lance la balle
Hardiment

La balle au prisonnier.

Capturons nos ennemis !


Piégeons ami
La Mort
Piégeons lecteur
La Mort
Ensemble
Jouons
Et courons

A la balle au prisonnier

Capturons nos ennemis !

Piégeons ami
L’Amour
Aussi
Piégeons
L’Amour
Aussi
Tirons et tirons et tirons

A La balle au prisonnier.

Capturons nos ennemis !


Mais

Méfie-toi
Lecteur
Méfie-toi
Copain
De La Mort
Elle ne se laisse pas faire
Ses balles nous frôlent
Ses balles nous blesseront
Un jour elle nous tuera

La balle au prisonnier

Elle gagne toujours.

Trop tard…


Mais

Méfie-toi
Lecteur
Méfie-toi
Copain
De l’Amour
Il ne se laisse pas faire
Ses balles nous frôlent
Ses balles nous blesseront
Un jour il nous tuera

La balle au prisonnier

Il  gagne toujours.

Trop tard…


Mais de l’autre côté
Ami Lecteur
Mais de l’autre côté
Copain Lecteur
Je te serai plus utile
Volontairement
Je me fais prisonnier
Ruse de sioux
Alors lance et lance et lance
Le ballon
Je te le renvoie
En Poésie
Alors lance et lance et lance
Sans t’arrêter
Éternellement
Le ballon
Avec moi
Alors lance et lance et lance
Nous gagnerons
Au moins
En poésie

Copain

A la  balle au prisonnier.

vendredi 21 août 2015

mon tatouage



Poète
Me dit à une compétition
Un tatoueur
Compétent
Poète
Désire
Fais un vœu
Poète
Je te l’exaucerai
Me dit
Un tatoueur
Compétent
Me dit à une compétition
Un tatoueur !


Tatoueur
Je désire..

Tout d’abord
Représente-moi 

Gentil tatoueur 

Apollon
Avec sa lyre et son char
Les neuf Muses
Avec leurs attributs et leurs instruments
Mais ne te trompe pas
A chacun
Son dû 
Représente-moi
Gentil tatoueur
Le Mont Parnasse
L’amandier candide
Le soleil
Delphes
Et moi qui ris

Dans un ciel bleu
Tiepolo !

Tatoueur
Je désire..

Ensuite
Représente-moi 

Gentil tatoueur 

Menton
Ses citronniers en fleurs
La montée vers le vieux cimetière
Un convoi funéraire
Une veuve
Un pasteur
Des enfants de chœur
En noir
Ou en rouge Soutine
- Réginald est sûrement anglican !-
Un âne
Tirant le cercueil
Et un vieux philosophe
Vouté et triste
Et un chat roux attendant patiemment
Sur la tombe de Réginald 
Et au loin
Le volcan Krakatoès
En colère
Et moi qui pleure

Dans un ciel orange
Naïf !


Tatoueur
Je désire..

Ensuite
Représente-moi 

Gentil tatoueur

Des abeilles
Des essaims d’abeilles
Qui piquent et repiquent
Mon âme
Et une Ile de la Jatte
Dans la brume
D’un blanc Giverny
Et un vieux fauteuil qui croupit
Et attend
Et des amoureux
Transis
Et des skaters
Intrépides
Et des peintres
Audacieux
Et moi qui m’y  promène  

Dans un ciel  vert absinthe
Impressionniste !



Tatoueur
Je désire…

Enfin
Représente-moi 

Gentil tatoueur

Le Quai de Conti
La Seine
La Coupole
Les 40 académiciens
Fidèlement
Et moi en bicorne
Avec l’épée
En habit vert
Avec mes armes
Gentil Tatoueur
14 crabes d’or
Pas plus, pas moins
Et moi
Avec un portrait de Louis XVII
A la main droite
 Et moi qui attends

Dans un ciel

Rose

 Rimbaud

Ou Gustave Moreau!


Tatoueur
Je désire…

Je discourais et je discourais... 

A mon tatouage

Le tatoueur s’est pendu !

jeudi 20 août 2015

Ma descendance !



Un jour

Apollon
Ne viendra plus
A toute heure
De la journée
Me taquiner
Le méchant dieu
Me navrer
D’incessantes lamentations…


Un jour

Ma lyre ne sonnera plus
En soirée
Sa gloire et ma gloire
Et mon épée d’académicien
Ne ferraillera
Plus en journée
Fini
La brigue…

Ce sera le calme plat
La morne plaine
Le silence
Le tombeau poétique !
Plus de larmes, de ris, de tensions
Plus d’éventail rabattu…

Il ne me  restera plus rien
  
Que l’obscurité de la nuit éternelle
Et un éternel rêve
Et l’attente
D’un nouveau roulement de baguettes de tambour
Et le réveil

L’éternel réveil

Quand tu me scanderas
Mon Lecteur
Mes vers
Ma postérité  
Quand tu me bruiras

Comme la mer roule les coquillages
Au loin
Si bien
A Menton
Comme la mer roule les coquillages

Ma descendance !